Le Nevada a enregistré 545,7 millions de dollars de mises sur les paris sportifs en mai 2026, en baisse de 5,4 % par rapport aux 576,8 millions de dollars enregistrés le même mois l’an dernier, selon le Nevada Gaming Control Board. Il s’agit du quatrième mois consécutif de recul des mises sur un an, reflet de la concurrence croissante exercée par l’expansion des marchés réglementés des paris sportifs aux États-Unis.
Les opérateurs de paris sportifs ont dégagé moins de bénéfices malgré l’activité générée par les séries éliminatoires de la NBA et de la NHL, les parieurs ayant remporté d’importants gains. Ces résultats illustrent l’évolution du marché des paris sportifs au Nevada, à mesure que les habitudes des consommateurs changent et que la concurrence s’intensifie à l’échelle nationale.
Les recettes reculent plus vite que les mises
Les mises sur les paris sportifs au Nevada diminuent depuis quatre mois consécutifs. Cette évolution s’explique en grande partie par la légalisation des paris sportifs dans de nombreux autres États américains. Si le tourisme reste un pilier de l’économie du Nevada, les parieurs privilégient désormais davantage la rapidité et la facilité d’accès offertes par les plateformes locales. Cette tendance réduit progressivement l’avantage historique du Nevada, notamment pendant les séries éliminatoires, habituellement synonymes de forte activité.
Si le volume des mises a reculé, les recettes ont chuté encore davantage. En mai, les opérateurs ont généré 38,7 millions de dollars de revenus, soit une baisse de 17,2 % sur un an. Le taux de rétention (« hold ») s’est établi à 7,1 %, soit plus d’un point de moins qu’en mai 2025.
Les données de mai montrent clairement l’écart entre le volume des mises et la rentabilité des opérateurs. Les parieurs ont misé 545,7 millions de dollars, générant 38,7 millions de dollars de recettes, avec un taux de rétention de 7,1 %, selon les statistiques du Nevada pour le mois de mai. Bien que ce taux reste solide, il demeure inférieur à celui enregistré un an plus tôt.
Ce recul s’explique principalement par les bons résultats obtenus par les parieurs sur les principaux sports, réduisant les marges des opérateurs malgré un niveau élevé de mises. Le taux de rétention varie naturellement d’un mois à l’autre en fonction des résultats sportifs.
Malgré la baisse des recettes en mai, les recettes fiscales sont restées solides. L’État a perçu 2,6 millions de dollars d’impôts sur les paris sportifs durant le mois, portant les recettes fiscales depuis le début de l’exercice à près de 38 millions de dollars, soit 6,3 millions de plus qu’à la même période de l’année précédente.
Cette résilience s’explique par les excellentes performances enregistrées plus tôt dans l’année. Depuis le début de l’exercice, les revenus des opérateurs atteignent environ 562,4 millions de dollars, soutenus par un taux de rétention de 7,7 %, nettement supérieur à celui de l’exercice précédent. Ainsi, malgré un mois de mai décevant, les résultats annuels restent globalement solides.
Analyse des recettes par sport
Le basketball a généré les recettes les plus élevées en mai, avec 13 millions de dollars. Malgré la baisse globale des bénéfices des opérateurs, les revenus issus de cette discipline ont progressé de 3,9 %, portés par les séries éliminatoires de la NBA.
Le baseball a connu l’une de ses plus fortes baisses sur un an. Les revenus se sont établis à 12,6 millions de dollars en mai, soit un recul de 41 % par rapport au niveau record enregistré un an auparavant. Bien que le calendrier quotidien du baseball offre de nombreuses possibilités de paris, les résultats imprévisibles et les victoires des outsiders ont pesé sur les marges des opérateurs.
Le hockey a enregistré une baisse encore plus marquée, malgré le fort soutien local aux Vegas Golden Knights. Leur parcours en séries éliminatoires a généré un volume important de paris, sans pour autant profiter aux opérateurs. Les revenus issus du hockey sont tombés à 1,5 million de dollars en mai, en baisse de 69 % sur un an. Les Golden Knights ont remporté neuf de leurs onze rencontres du mois, dont cinq en tant qu’outsiders, entraînant le paiement de nombreux paris à forte cote et réduisant ainsi les marges.
La catégorie « Autres », qui regroupe notamment le football, le tennis, le golf, le MMA, la boxe et les sports mécaniques, a en revanche enregistré une solide progression. Elle a généré 13,7 millions de dollars en mai, soit une hausse de 28,6 % sur un an, illustrant l’intérêt croissant des parieurs pour les compétitions internationales et les disciplines au-delà des grands championnats traditionnels.
Les paris mobiles continuent de dominer
Les paris mobiles ont représenté 75,1 % du volume total des mises au Nevada en mai. Les opérateurs en ligne ont généré près de 34 millions de dollars de recettes, soit une baisse de 3,1 % sur un an. Si ce recul reste limité, il montre que les paris en ligne ne sont pas à l’abri des effets de la concurrence. L’essor des marchés voisins et l’évolution des attentes des consommateurs compliquent la situation, tandis que l’obligation de s’inscrire en personne demeure un handicap pour le Nevada.
Les points de vente physiques ont enregistré 136,2 millions de dollars de mises, en baisse de 12,2 % sur un an, soit un sixième mois consécutif de recul. Autrefois incontournable, l’expérience des paris sportifs dans les casinos de Las Vegas cède progressivement du terrain face à la simplicité d’une application mobile, qui permet de parier sans se déplacer ni faire la queue.
Performances selon les régions
Toutes les régions du Nevada n’ont pas connu le même niveau de recul en mai. Les principaux pôles de jeux de hasard de l’État ont été affectés différemment en fonction du tourisme, des habitudes de leur clientèle locale et des performances des opérateurs de paris sportifs.
Le comté de Clark est resté le principal marché des paris sportifs du Nevada, mais les opérateurs y ont tout de même enregistré une baisse de 15,8 % de leurs recettes sur un an en mai. Si Las Vegas attire toujours des millions de visiteurs chaque année, l’activité des paris dépend fortement du tourisme, des grands événements sportifs et des congrès. Les établissements de Reno et de la région du lac Tahoe ont, quant à eux, subi une baisse encore plus marquée, avec un recul de 32,5 % de leurs bénéfices.
Le marché des paris sportifs du Nevada évolue davantage qu’il ne se contracte. L’État conserve plusieurs atouts, notamment l’attractivité touristique de Las Vegas, des marques de casinos bien établies et des opérateurs expérimentés. Toutefois, rester compétitif nécessitera une adaptation continue.
La modernisation de certaines règles, notamment l’obligation d’inscription en personne, pourrait permettre au Nevada de mieux rivaliser avec les autres États, alors que les paris numériques continuent de dominer le marché. Malgré quatre mois consécutifs de baisse des mises, les résultats de l’exercice montrent que les opérateurs restent rentables et que les recettes fiscales demeurent solides.
Ne manquez aucune actualité majeure de l’iGaming avec le Top 10 des actualités de SiGMA. Rejoignez la plus grande communauté mondiale de l’iGaming et profitez chaque semaine d’analyses exclusives et d’offres réservées aux abonnés. Inscrivez-vous ICI.




