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Comment les prestataires de jeux de hasard se conforment aux règles suédoises de licence B2B

Garance Limouzy
Rédigé par Garance Limouzy
Traduit par Tarik Taloufate

Partout en Europe, de plus en plus de régulateurs des jeux de hasard imposent des exigences directes en matière de licences et de conformité aux entreprises technologiques qui fournissent leurs services aux opérateurs en contact avec les consommateurs. La Suède s’inscrit dans cette tendance. Son régime d’autorisation des fournisseurs intègre les fournisseurs de plateformes et les développeurs de jeux au système de licences, les obligeant à démontrer que leurs contrôles techniques, leur gouvernance et leur documentation peuvent résister à un examen approfondi avant que leurs produits ne soient utilisés par des opérateurs agréés.

Dmitry Smirnov, avocat principal chez EvenBet Gaming, a indiqué que la récente procédure de demande de l’entreprise en Suède avait duré six semaines, notamment grâce au travail déjà effectué pour le Danemark. « Spelinspektionen applique des normes particulièrement rigoureuses en matière de gouvernance technique et d’entreprise. Une préparation approfondie de la part du demandeur est donc essentielle », a-t-il déclaré à SiGMA News. « Heureusement, notre récente procédure d’obtention d’une licence au Danemark signifiait qu’une grande partie de notre infrastructure principale, de notre architecture de sécurité et de nos dispositifs de lutte contre le blanchiment d’argent et de jeu responsable étaient déjà conformes aux normes techniques et de gouvernance généralement attendues par les régulateurs nordiques. »

Cette expérience offre un aperçu concret de la manière dont les responsabilités s’étendent progressivement à l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement du secteur des jeux de hasard. Les opérateurs restent responsables des clients, du marketing et du jeu responsable, mais les fournisseurs doivent désormais démontrer que les systèmes sur lesquels reposent ces services sont eux-mêmes conformes.

De la surveillance des opérateurs au contrôle des fournisseurs

Pendant une grande partie de l’histoire du secteur, la plupart des régulateurs se sont concentrés sur les titulaires de licences en contact direct avec les consommateurs. Il appartenait aux opérateurs de procéder aux vérifications nécessaires concernant leurs fournisseurs et d’assumer la responsabilité lorsqu’une plateforme, un jeu ou un service de données ne respectait pas les règles locales.

Ce modèle évolue à mesure que les technologies liées aux jeux de hasard deviennent plus complexes. Les produits d’un même fournisseur pouvant être utilisés par plusieurs opérateurs, une surveillance directe offre aux régulateurs un niveau de contrôle supplémentaire.

Les règles danoises relatives aux licences des fournisseurs, entrées en vigueur en juillet 2025, en sont un autre exemple. Dans un précédent entretien accordé à SiGMA News, Anders Dorph, directeur de l’Autorité danoise des jeux de hasard, avait indiqué que le régulateur s’était inspiré de l’expérience d’autres pays : « Nous avons vu cela se produire en Angleterre. Nous l’avons vu en Suède. Bien entendu, nous nous en sommes inspirés. »

Les chiffres relatifs aux licences à Malte témoignent également de l’importance croissante du secteur B2B. Au cours du premier semestre 2025, les opérateurs B2B représentaient 55,5 % des titulaires de licences du pays, 64,3 % des nouvelles demandes et 87,5 % des licences délivrées.

Cette tendance ne retire pas l’opérateur de la chaîne de conformité. Elle crée plutôt un deuxième niveau de responsabilité directe.

Selon Dmitry Smirnov, cette distinction est inscrite dans les contrats conclus avec les fournisseurs. « Sur le plan contractuel, EvenBet Gaming est chargé de veiller à ce que les composants de sa plateforme continuent de respecter les exigences applicables en matière de certification technique et d’audit », a-t-il expliqué. « L’opérateur conserve la responsabilité des obligations concernant directement les joueurs. »

« Nous prenons en charge l’essentiel des responsabilités techniques liées à la conformité, afin que l’opérateur puisse se concentrer sur ses obligations envers les joueurs », a-t-il ajouté.

Ces obligations comprennent l’identification des clients, la conformité des activités marketing et l’intégration au système suédois d’auto-exclusion. Le fournisseur est, quant à lui, chargé de maintenir l’environnement technique certifié.

Le coût de la mise en conformité

L’obtention d’une autorisation ne se limite pas au paiement des frais de dossier de 120 000 SEK (10 850 €).

Selon Smirnov, les dépenses les plus importantes concernent toutefois les conseils juridiques, les certifications techniques, les modifications apportées à la plateforme et le temps consacré en interne par les équipes chargées de la conformité. « Les frais de dossier ne représentent qu’une fraction de l’investissement réel », a-t-il expliqué. « Le véritable coût réside dans la préparation approfondie : consultations juridiques externes, certifications techniques spécialisées, adaptation de la plateforme et nombreuses heures consacrées en interne à la conformité. »

L’une des étapes les plus exigeantes de la procédure suédoise concernait la préparation de la documentation locale. Les descriptions de la plateforme, les règles des jeux et les documents relatifs aux produits devaient être traduits en suédois et vérifiés afin de s’assurer qu’ils correspondaient au fonctionnement certifié du système.

L’entreprise a également adapté ses rapports, la surveillance de ses systèmes et les informations destinées aux joueurs. Smirnov a qualifié ces modifications « d’ajustements ciblés plutôt que de changements fondamentaux apportés à notre plateforme ».

Pour les grands fournisseurs, ces coûts peuvent être répartis sur plusieurs marchés. Les petites entreprises, en revanche, peuvent avoir davantage de difficultés à maintenir une documentation, des certifications et des systèmes de reporting distincts pour chaque juridiction.

« Les licences B2B sur les marchés matures s’inscrivent toujours dans une stratégie à long terme », a conclu Smirnov. « Elles créent une base durable pour une croissance pérenne dans l’ensemble de la région nordique. » Pour les fournisseurs, l’intérêt ne réside pas uniquement dans l’accès immédiat au marché suédois, mais également dans la crédibilité et l’implantation régionale qu’offre le respect des normes nordiques particulièrement exigeantes.

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