Skip to content

Les loteries du Canada s'opposent au projet iGaming de l'Ontario

Jefferson Mendoza
Rédigé par Jefferson Mendoza
Traduit par Tarik Taloufate

Au moins quatre sociétés de loterie canadiennes ont saisi la Cour suprême du Canada pour contester la proposition de l’Ontario visant à étendre les jeux d’iGaming entre particuliers au-delà des frontières provinciales.​

La semaine dernière, la juge Sheilah Martin a accédé à la demande de Loto-Québec de se joindre à l’affaire en tant qu’appelante. La société d’État québécoise a déposé sa requête à la mi-mars, s’alignant ainsi sur l’Atlantic Lottery Corporation (ALC), la British Columbia Lottery Corporation (BCLC) et la Manitoba Liquor and Lotteries (MBLL). Ensemble, ces entités supervisent les jeux dans six des dix provinces du Canada et forment la Coalition canadienne des loteries (CLC).​

Le pourvoi devant la Cour suprême concernant le plan de « liquidité internationale » de l’Ontario en matière d’iGaming s’annonce comme une affaire historique. Il pourrait amener à réexaminer la manière dont les provinces interprètent le Code criminel en ce qui concerne les jeux en ligne transfrontaliers.

Contexte de l’affaire

Ce différend trouve son origine dans la volonté de l’Ontario de permettre aux joueurs de jeux entre particuliers, tels que les paris sportifs quotidiens (DFS) et le poker en ligne, d’affronter des participants situés hors de la province. Alors que les paris sportifs quotidiens ne font actuellement l’objet d’aucune réglementation en Ontario, le poker en ligne reste confiné à l’intérieur des frontières provinciales, ce qui limite son impact sur le marché.

Le rapport de février de l’Ontario sur les revenus de l’iGaming a montré que le poker générait 135 millions de dollars canadiens (97,8 millions de dollars) de mises et 5,6 millions de dollars canadiens (4,06 millions de dollars) de revenus pour les opérateurs, ce qui ne représente que 1,6 % du total mensuel des mises et des revenus bruts des jeux (GGR). Ces deux chiffres étaient en baisse par rapport à l’année précédente, comme l’ont rapporté plusieurs médias.

En novembre 2025, la Cour d’appel de l’Ontario a statué que cette liquidité transfrontalière pouvait être légale au regard du Code criminel. Cependant, la coalition des loteries fait valoir que le Code n’autorise les provinces à organiser des jeux de loterie que « dans cette province ». Elle soutient que le modèle de l’Ontario étendrait illégalement le jeu en dehors de sa juridiction.

Recours devant la Cour suprême

L’ALC a déposé un mémoire en février dernier au nom de la CLC, affirmant que le projet de l’Ontario « bafoue » le Code criminel malgré l’avis de la cour provinciale. Ce mémoire mettait en garde contre le fait que, si l’Ontario obtenait gain de cause, d’autres provinces pourraient tenter de revendiquer leur autorité sur les systèmes de loterie couvrant l’ensemble du Canada.​

La coalition allègue également que les opérateurs titulaires d’une licence ontarienne mènent d’intenses campagnes de promotion dans leurs provinces, sapant ainsi l’autorité des régulateurs locaux. « Les preuves incontestables montrent que les opérateurs de jeux de hasard privés avec lesquels l’Ontario s’est déjà associé utilisent leurs plateformes légales en Ontario comme tremplins pour promouvoir des sites Web internationaux illégaux auprès des Canadiens résidant hors de l’Ontario », a fait valoir l’ALC.

(Source: Market Research Future)

Le rôle de l’Alberta

Loto-Québec s’étant désormais officiellement jointe à l’appel, l’Alberta attend de savoir si elle pourra intervenir. Le procureur général de la province a déposé une requête en mars pour se joindre à la procédure. L’Alberta a légalisé l’année dernière un marché commercial et réglementé de l’iGaming, dont le lancement est prévu pour le 13 juillet 2026.

L’Ontario et l’Alberta ont manifesté leur intérêt pour la mise en place d’un système de jeu entre particuliers à l’avenir, ce que le Code criminel autorise si les deux provinces y consentent. L’Alberta Gaming, Liquor and Cannabis Commission (AGLC), seul organisme de réglementation de l’iGaming de la province, était l’un des membres fondateurs de la CLC.

Si elle est autorisée à intervenir, l’Alberta prévoit de plaider en faveur de l’Ontario, aux côtés d’acteurs de l’industrie tels que l’Association canadienne des jeux, FanDuel, Flutter (société mère de PokerStars), GGPoker et le propriétaire des World Series of Poker, NSUS.

Ne vous contentez pas de lire l’actualité — prenez-la de front. Abonnez-vous ICI au Top 10 des actualités SiGMA pour découvrir les articles qui façonnent l’avenir de l’iGaming, les analyses hebdomadaires de la plus grande communauté mondiale du secteur et des offres exclusives réservées aux abonnés.

This site is registered on wpml.org as a development site. Switch to a production site key to remove this banner.