Le groupe brésilien de paris s'oppose au durcissement de la réglementation sur les jeux de hasard en ligne
L’Association nationale des jeux et loteries du Brésil (ANJL) a exprimé des inquiétudes face à d’éventuels projets du gouvernement visant à imposer des restrictions plus strictes aux plateformes légales de paris en ligne. L’organisation avertit que de telles mesures pourraient se retourner contre leur objectif, en favorisant les jeux de hasard illégaux, en affaiblissant la protection des consommateurs et en réduisant les recettes fiscales.
Créée en mars 2023, l’ANJL représente le secteur réglementé des paris sportifs et des loteries au Brésil en promouvant des pratiques de jeux de hasard sûres, transparentes et responsables, tout en défendant les intérêts des opérateurs licenciés.
Risques liés à un recul de la réglementation
L’ANJL avertit que la modification des règles actuelles pourrait nuire au marché. En effet, un affaiblissement des protections pourrait pousser les utilisateurs vers des plateformes non réglementées, dépourvues de garanties contre la fraude, l’addiction et l’accès des mineurs aux jeux de hasard.
Le ministère des Finances estime que les pertes fiscales pourraient atteindre jusqu’à 80 milliards de réals brésiliens (15 milliards de dollars) sur cinq ans si les restrictions fragilisent le marché légal. De telles pertes pourraient affecter directement le financement des initiatives de sécurité publique dans le cadre de la PEC 18/2025, un projet d’amendement constitutionnel visant à renforcer la police fédérale brésilienne et à coordonner les forces de sécurité à l’échelle nationale. Une baisse des recettes pourrait également compromettre les unités de lutte contre la criminalité organisée ainsi que les programmes de police municipale.
Dans le même temps, des pays comme le Royaume-Uni et l’Espagne continuent de rechercher un équilibre entre réglementation et protection des consommateurs.
Risques juridiques et demandes d’indemnisation
Une interdiction ou une limitation sévère des opérateurs de paris licenciés pourrait entraîner des actions en justice. Les entreprises ayant fortement investi au Brésil — notamment 2,6 milliards de réals (496,6 millions de dollars) en frais de licence — pourraient réclamer des compensations, ce qui exercerait une pression supplémentaire sur les finances publiques. Certains opérateurs pourraient même reconsidérer leur présence si le marché devenait instable.
L’industrie réglementée des paris au Brésil est l’une des plus importantes d’Amérique latine, générant 1,19 milliard de dollars en 2024 et devant atteindre 1,87 milliard de dollars d’ici 2030, avec un taux de croissance annuel composé de 7,9 %, selon Grand View Research. Cette croissance souligne l’importance du secteur pour l’économie et les recettes fiscales.

Paris illégaux : une menace persistante
Selon une étude de l’Instituto Esfera, 52 % des activités de paris au Brésil se déroulent sur des plateformes illégales, souvent liées à la criminalité organisée et au blanchiment d’argent. Les enquêtes révèlent que des groupes criminels utilisent des plateformes en ligne pour blanchir de l’argent issu du trafic de drogue, extorquer des opérateurs de paris et opérer en dehors de toute supervision réglementaire.
À l’inverse, les opérateurs licenciés doivent se soumettre à des contrôles stricts et respecter les normes de jeu responsable. Par ailleurs, les données du ministère des Finances indiquent que 95 % des joueurs brésiliens misent moins de 70 réals (13 dollars) par mois, ce qui souligne le caractère relativement peu risqué des activités réglementées.
Leçons tirées de l’Europe
L’ANJL cite des pays européens comme l’Allemagne et les Pays-Bas comme exemples à ne pas suivre. Dans ces deux pays, des restrictions strictes n’ont pas permis de réduire les jeux de hasard illégaux. Les consommateurs se sont tournés vers des plateformes offshore plus accessibles, tandis que les sites réglementés peinaient à rivaliser.
En conséquence, ces pays ont évolué vers une meilleure accessibilité des plateformes légales, une approche qui s’est révélée plus efficace pour réduire l’activité du marché noir. Comme le souligne Reuters, le paysage des jeux de hasard en Europe évolue vers des cadres plus clairs conciliant réglementation, protection des joueurs et liberté du marché.
L’association a proposé de partager son expertise technique avec le gouvernement fédéral afin de renforcer les règles de régulation. Sa position est claire : les actions doivent viser les opérateurs illégaux, et non les opérateurs licenciés. Des restrictions excessives, selon l’ANJL, ne font que pousser les consommateurs vers des plateformes non réglementées et peu sûres.
Abonnez-vous ICI au Top 10 des actualités SiGMA et à la newsletter hebdomadaire pour rester informé des dernières actualités iGaming de la plus grande communauté au monde et profiter d’offres exclusives réservées aux abonnés.




