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MPDFT intente une action en justice de 120 millions de BRL contre Blaze et Virginia Fonseca

Julia Moura
Rédigé par Julia Moura
Traduit par Tarik Taloufate

Le ministère public du District fédéral et des Territoires (MPDFT) a engagé une action civile publique contre Foggo Entertainment, la société responsable de l’exploitation de Blaze au Brésil, ainsi que contre l’influenceuse Virginia Fonseca. La plainte vise à faire condamner solidairement les deux parties au paiement de 120 millions de réaux brésiliens (23,38 millions de dollars) au titre du préjudice moral collectif, estimant que la publicité de la plateforme et son ambassadrice de marque ont induit les consommateurs en erreur en leur donnant une perception déformée des risques liés aux paris sportifs.

Déposée par le 1er parquet de protection des consommateurs (Prodecon), cette action renforce le contrôle exercé sur le marché brésilien des paris. Ces derniers mois, le MPDFT enquête sur les plateformes de paris, la publicité numérique et les mécanismes de protection des consommateurs, notamment depuis la réglementation des paris à cote fixe dans le pays.

Selon le ministère public, Blaze aurait mis en œuvre des stratégies marketing destinées à donner la fausse impression que les consommateurs pouvaient facilement ou fréquemment réaliser des gains, tout en minimisant les risques inhérents aux paris. L’autorité estime également que le recours aux influenceurs numériques élargit la portée de ces campagnes et accroît leur impact potentiel sur les consommateurs les plus vulnérables.

Une affaire survenue pendant la Coupe du monde de la FIFA

L’un des principaux arguments avancés par le MPDFT concerne une publication diffusée par Virginia Fonseca pendant la Coupe du monde de la FIFA 2026. Selon la plainte, l’influenceuse a partagé une vidéo sur Instagram Stories dans laquelle elle plaçait un pari sur une victoire du Cap-Vert face à l’Argentine. À l’époque, la sélection africaine disputait sa toute première Coupe du monde et affrontait l’Argentine. Les opérateurs de paris donnaient largement l’Argentine favorite, proposant des cotes très élevées pour une victoire du Cap-Vert. L’Argentine s’est finalement imposée 3-2. Selon le ministère public, les abonnés ayant reproduit ce pari ont perdu leur argent, tandis que la plateforme aurait tiré profit de ces pertes.

Selon le parquet, le problème ne réside pas uniquement dans la recommandation de pari elle-même, mais également dans la manière dont le contenu a été présenté. Le MPDFT estime que la publication semblait spontanée et ne précisait pas suffisamment qu’il s’agissait d’un contenu publicitaire rémunéré.

La relation de confiance entre les influenceurs et leurs abonnés

La plainte consacre une large partie de son argumentation au concept de « relation parasociale », un terme couramment utilisé dans les études sur la communication et le comportement des consommateurs. Selon la procédure, les influenceurs numériques créent un sentiment de proximité avec leurs abonnés en partageant des aspects de leur vie quotidienne, de leur famille, de leurs voyages et de leurs expériences personnelles. Le ministère public estime que cela conduit une partie du public à percevoir les recommandations commerciales comme des conseils sincères émanant d’une personne de confiance.

Dans le cas précis de Virginia Fonseca, qui compte plus de 56 millions d’abonnés sur Instagram, les procureurs estiment que la vidéo montrant son pari a pu être interprétée comme une décision personnelle plutôt que comme une publicité, renforçant ainsi son influence potentielle sur le comportement des consommateurs.

Bien que l’épisode opposant l’Argentine au Cap-Vert ait suscité une importante attention médiatique, il n’est pas à l’origine de l’enquête. Dès le mois de juin, le MPDFT avait déjà ouvert une enquête civile sur les activités de Blaze au Brésil. Celle-ci porte sur de présumées pratiques abusives, de la publicité trompeuse, la rétention des fonds des utilisateurs, la suspension de comptes, certaines clauses contractuelles, les politiques de bonus et les mécanismes de jeu responsable.

Selon le ministère public, l’enquête a été ouverte après l’analyse de plus de 42 000 plaintes déposées contre la plateforme ainsi que de signalements effectués par des consommateurs. Dans le cadre de ses investigations, les agents du MPDFT ont créé des comptes sur la plateforme afin de surveiller les communications adressées aux utilisateurs et d’évaluer la manière dont les campagnes promotionnelles étaient menées.

Le ministère public s’inquiète de l’addiction aux jeux de hasard

Selon le procureur Paulo Binicheski, chargé du dossier, le débat dépasse les simples questions commerciales et soulève des enjeux sociaux plus larges. Il estime que l’exposition croissante du public à la publicité pour les paris pourrait contribuer à une augmentation des cas d’addiction aux jeux de hasard.

Le procureur considère que les campagnes laissant croire à des gains faciles ou minimisant les risques perçus peuvent encourager des comportements compulsifs et entraîner d’importantes pertes financières pour les consommateurs. Selon lui, cette action en justice vise à mettre fin aux pratiques jugées abusives et à renforcer la protection collective des consommateurs.

Ces derniers mois, la question a été largement débattue par les autorités brésiliennes. Outre la réglementation fédérale du secteur, le Secrétariat des prix et des paris (SPA) du ministère des Finances a instauré plusieurs exigences en matière de jeu responsable, notamment des outils d’auto-exclusion, des procédures d’identification des parieurs, des limites financières et des mécanismes destinés à prévenir l’addiction aux jeux d’argent.

Les demandes portent également sur les contrats des influenceurs

En plus de réclamer 120 millions de réaux brésiliens (23,38 millions de dollars) de dommages et intérêts, le MPDFT demande plusieurs mesures conservatoires. Il sollicite notamment la suspension immédiate des clauses contractuelles rémunérant les influenceurs en fonction des pertes des parieurs, du volume de paris généré ou de tout autre modèle d’incitation financière similaire. En cas de non-respect, le ministère public demande une astreinte de 1 million de réaux brésiliens (195 740 dollars) par jour.

Concernant Virginia Fonseca, la plainte demande également le retrait des contenus publicitaires jugés irréguliers de ses comptes sur les réseaux sociaux. Sont notamment visées les publications qui, selon le MPDFT, promettent des gains irréalistes, induisent les consommateurs en erreur, encouragent les paris sur des événements sportifs spécifiques ou utilisent des techniques dites de « dark patterns », c’est-à-dire des éléments de conception destinés à influencer les décisions des utilisateurs de manière non transparente. Le ministère public conteste également les contenus publicitaires intégrés à des publications personnelles sans identification claire de leur caractère sponsorisé.

En cas de non-respect de ces mesures, les procureurs demandent également une astreinte de 500 000 réaux brésiliens (97 870 dollars) par jour.

Les défendeurs contestent les accusations

Dans un communiqué publié après la médiatisation de l’affaire, les avocats de Virginia Fonseca ont indiqué avoir pris connaissance de la procédure par voie de presse et ont précisé qu’ils répondraient aux accusations devant les tribunaux.

Ses avocats ont également affirmé que plusieurs actes d’enquête ordonnés par le ministère public étaient toujours en cours, notamment des demandes de contrats et d’autres informations jugées essentielles pour clarifier la nature des relations contractuelles entre l’influenceuse et Blaze. La défense a rejeté toute allégation de comportement prédateur, de collusion ou d’intention de nuire aux consommateurs, estimant que toute responsabilité doit être fondée sur des preuves concrètes.

Foggo Entertainment, la société responsable de Blaze, a déclaré ne pas avoir encore été officiellement informée de la procédure. Dans un communiqué, l’entreprise a réaffirmé son engagement en faveur de la transparence, du respect de la réglementation et des principes du jeu responsable, ajoutant qu’elle fournira toutes les explications nécessaires aux autorités dès qu’elle aura été officiellement notifiée.

L’affaire sera désormais examinée par les tribunaux, qui se prononceront à la fois sur les demandes de mesures d’urgence et sur le fond des accusations présentées par le ministère public. Jusqu’à une décision judiciaire définitive, Blaze et Virginia Fonseca continuent de contester les accusations et de nier tout acte répréhensible.

Cet article a été publié pour la première fois sur la version portugaise de SiGMA News le 13 juillet 2026.

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