Le défaut de reversement des sommes destinées au prélèvement unique de l’État (Prelievo Unico Erariale – PREU) revient au cœur de l’actualité du secteur italien des jeux de hasard réglementés. Selon la presse spécialisée, un récent arrêt de la Cour de cassation a confirmé la condamnation pour détournement de fonds du dirigeant d’une société exploitant des machines de jeux connectées au réseau en ligne.
Cette décision revêt une importance particulière, car elle confirme une jurisprudence déjà établie par la Cour de cassation : les sommes collectées par les machines de jeux ne peuvent être assimilées à une simple trésorerie de l’entreprise lorsqu’elles comprennent des montants destinés au Trésor public. Dans certaines circonstances, le défaut de reversement des sommes dues au titulaire de la concession peut avoir des conséquences pénales et être qualifié de détournement de fonds.
Pour les dirigeants, exploitants, titulaires de concessions et entreprises de toute la chaîne d’approvisionnement, il ne s’agit donc pas seulement d’une question fiscale ou contractuelle. La bonne gestion du PREU est essentielle pour garantir la conformité, la traçabilité et la responsabilité dans la collecte des recettes publiques issues des jeux de hasard.
Le rôle du PREU dans le secteur italien des jeux de hasard
Le PREU est la taxe appliquée aux appareils de divertissement offrant des gains en espèces, notamment les machines Amusement With Prizes (AWP) et les terminaux de loterie vidéo (VLT). Il est régi par l’article 110 du Testo Unico delle Leggi di Pubblica Sicurezza (TULPS). Les AWP, communément appelées « nouvelles machines à sous », sont installées dans les bars, salles de jeux et autres établissements autorisés. Les VLT, quant à elles, sont des terminaux de loterie vidéo présents dans des salles de jeux agréées. Contrairement aux AWP, elles fonctionnent via un système central connecté au concessionnaire et sont soumises à des règles techniques et à des contrôles spécifiques.
Concrètement, le PREU représente la part des recettes des jeux destinée au Trésor public. Lorsqu’une machine enregistre des mises, les recettes sont réparties conformément aux règles du secteur : une partie est reversée sous forme de gains aux joueurs, une autre rémunère les différents opérateurs de la filière, tandis que le reste correspond au prélèvement fiscal dû à l’État.
Le rôle central du PREU dans le système des machines de jeux est également confirmé par la documentation de l’Agence italienne des douanes et des monopoles (ADM), l’autorité chargée de réglementer et de superviser le secteur des jeux publics.
Le cadre réglementaire
Pour comprendre pourquoi le non-paiement du PREU peut avoir une portée pénale, il convient d’examiner le fonctionnement de la réglementation italienne applicable aux machines de jeux. Les appareils offrant des gains en espèces ne sont pas de simples équipements commerciaux : ils relèvent de l’article 110 du TULPS et s’inscrivent dans une filière autorisée et contrôlée, connectée au réseau télématique de l’État.
Le PREU fait partie intégrante de ce dispositif et est régi par le décret-loi n° 269 du 30 septembre 2003, converti en loi n° 326/2003. Il représente une fraction des recettes générées par les AWP et les VLT destinée au Trésor public. Par conséquent, les sommes encaissées par les exploitants ne peuvent être considérées dans leur totalité comme des fonds appartenant à l’entreprise : une partie est affectée à une mission d’intérêt public et doit être comptabilisée puis reversée conformément aux règles de la filière.
La disposition clé en matière pénale est l’article 314 du Code pénal italien, qui définit le délit de détournement de fonds. Cette disposition s’applique aux agents publics ou aux personnes chargées d’une mission de service public qui s’approprient des fonds ou des biens dont ils ont la garde en raison de leurs fonctions. Dans le contexte des jeux publics, la question essentielle est donc de savoir si la personne qui gère ou détient les sommes issues des machines de jeux exerce une fonction revêtant une importance particulière au regard du droit pénal et si le non-versement de la part correspondant au PREU peut être assimilé à une appropriation illicite.
Pourquoi un défaut de paiement peut devenir un détournement de fonds
La question la plus sensible réside dans la distinction entre un simple défaut de paiement et un comportement susceptible d’engager la responsabilité pénale. Dans une relation commerciale classique, le non-paiement d’une somme due relève généralement de la responsabilité civile ou contractuelle. Dans le secteur des jeux publics, la situation est différente : l’exploitant agit dans un système réglementé où la collecte des recettes issues des machines est liée à une concession publique et au prélèvement d’une taxe au profit de l’État.
Ce principe a été confirmé par les chambres réunies de la Cour de cassation dans l’arrêt n° 6087/2021, selon lequel un gestionnaire ou un exploitant qui conserve les recettes des jeux, y compris la part destinée au PREU, sans les reverser au concessionnaire, peut être poursuivi pour détournement de fonds.
Dans cette perspective, les sommes collectées par les machines AWP et VLT ne peuvent pas toujours être considérées comme de simples liquidités appartenant à l’entreprise. Lorsqu’elles comprennent des montants destinés au Trésor public, leur non-versement peut dépasser le cadre d’une dette commerciale et constituer une infraction pénale.
Cet article a été publié pour la première fois sur la page italienne de SiGMA News le 22 juin 2026.
Rejoignez la plus grande communauté mondiale de l’iGaming avec le Top 10 de l’actualité de SiGMA. Abonnez-vous ICI pour recevoir chaque semaine les principales actualités, des analyses exclusives et des offres réservées aux abonnés.
“`

