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Italie ADM : les jeux publics rapporteront 11,5 milliards d'euros au Trésor en 2025

Tony Colapinto
Rédigé par Tony Colapinto
Traduit par Tarik Taloufate

La troisième édition de l’Assemblée générale de l’Agence des douanes et des monopoles (ADM) s’est tenue à Rome. Cet événement, qui s’est déroulé au Palazzo Wedekind, s’est imposé comme un forum essentiel de dialogue entre les institutions, les opérateurs et les parties prenantes du secteur.

Cet événement de deux jours, fortement soutenu par le directeur Roberto Alesse (photo), a permis de faire le point sur les performances économiques du secteur et les principaux défis auxquels est confronté le système italien. Parmi les priorités qui se sont dégagées figurent le renforcement des mesures de lutte contre les jeux de hasard illégaux, la protection des mineurs et la modernisation de la réglementation en phase avec la numérisation croissante du marché.

L’impact économique des jeux

Parmi les chiffres les plus marquants qui se sont dégagés au cours de l’exercice, la contribution des jeux réglementés par l’État aux recettes publiques se distingue particulièrement. En 2025, le secteur a généré un chiffre d’affaires de 11,5 milliards d’euros, confirmant une grande stabilité par rapport aux années précédentes.

Selon les observateurs, ces chiffres reflètent la consolidation du marché réglementé et l’importance croissante du canal en ligne, désormais un élément clé de l’évolution de l’offre de jeux.

Plus de 82 milliards d’euros perçus par l’ADM

En 2025, l’Agence des douanes et des monopoles a enregistré un chiffre d’affaires total de plus de 82 milliards d’euros, soit une augmentation d’environ 2 milliards d’euros par rapport à l’année précédente.

Ce chiffre d’affaires se répartit entre plusieurs domaines :

  • 21,7 milliards proviennent du secteur douanier, grâce à la TVA sur les importations ;
  • 33,7 milliards proviennent des droits d’accise sur les produits énergétiques et l’alcool ;
  • 15,6 milliards proviennent du secteur du tabac, soit le chiffre le plus élevé de ces cinq dernières années.
  • 11,5 milliards d’euros proviennent du secteur des jeux publics.

Le secteur des jeux publics reste stratégique tant pour les recettes fiscales que pour ses implications en matière de conformité et de réglementation.

Lutte contre l’illégalité : plus d’un millier de sites bloqués

La lutte contre les jeux de hasard illégaux reste une priorité absolue. En 2025, l’ADM a procédé à des inspections dans près de 23 000 établissements et ordonné le blocage de 1 038 sites non autorisés, soit une augmentation de 44 % par rapport à l’année précédente.

Ces chiffres confirment l’omniprésence des jeux de hasard illégaux, en particulier dans le secteur numérique. Le directeur Roberto Alesse a mis en avant le renforcement des outils de surveillance, avec des contrôles de plus en plus ciblés et sélectifs, visant à améliorer l’efficacité sans nuire aux opérateurs agréés.

Ce phénomène revêt également une importance particulière en raison de ses liens avec le crime organisé, le blanchiment d’argent et l’absence de protection des utilisateurs, autant de facteurs qui font des jeux de hasard illégaux une menace pour la stabilité du système.

Protection des mineurs et jeux de hasard responsables

La protection des joueurs a occupé une place centrale dans les débats, une attention particulière ayant été accordée aux mesures de lutte contre les jeux de hasard chez les mineurs et à la prévention de la dépendance.

Lors de la table ronde consacrée à la recherche d’un équilibre entre la réglementation et la lutte contre l’illégalité, l’ADM a réaffirmé le rôle de la réserve d’État en tant qu’outil de préservation de la confiance du public et de protection des consommateurs.

Les activités de contrôle s’étendent aux canaux physiques et numériques, avec le soutien des forces de l’ordre et le recours à des technologies de pointe pour analyser les flux de jeux. L’objectif est d’identifier rapidement les situations à haut risque.

Ces dernières années, la question du jeu de hasard responsable a mobilisé les institutions, les opérateurs et les associations dans une démarche commune vers un modèle du secteur plus durable.

La réforme est lancée

L’Assemblée générale a également été l’occasion de faire le point sur l’avancement de la réforme du secteur. Suite à l’entrée en vigueur du décret législatif n° 41 de 2024, le système traverse une phase de profonde transformation.

La nouvelle réglementation a renforcé les mécanismes de contrôle, la traçabilité des transactions et la coopération entre les administrations, dans le but de rendre le cadre réglementaire plus moderne et plus efficace.

La réorganisation des jeux de hasard en salle représente la prochaine étape clé, avec une attention particulière portée aux distances par rapport aux lieux sensibles, aux horaires d’ouverture et à la nécessité d’harmoniser la réglementation au niveau national – des questions d’une importance capitale pour les opérateurs de l’industrie.

Le trucage de matchs et la coopération internationale

La question de la manipulation des événements sportifs a également été abordée au cours des débats. Le trucage de matchs reste une menace réelle pour l’intégrité du sport et la sécurité du secteur des paris.

Parmi les avancées les plus significatives figure la capacité de l’ADM à transmettre au CONI les données relatives aux titulaires de comptes de jeux en cas de flux anormaux. Cette mesure vise à renforcer les capacités d’enquête et la coordination entre les institutions.

Il a également été fait référence à la Convention de Macolin, désormais une référence internationale dans la lutte contre la manipulation des compétitions, fondée sur la coopération entre les gouvernements, les autorités sportives et les opérateurs de paris.

Un secteur de plus en plus stratégique

Les actes de l’Assemblée générale de l’ADM soulignent l’importance croissante des jeux publics au sein du système économique et réglementaire italien.

Ce secteur n’est plus seulement une source de recettes fiscales, mais occupe désormais une place à la croisée de la sécurité, de l’innovation technologique et de la protection sociale. Le défi pour les institutions et les opérateurs consistera à établir un équilibre durable sur un marché en constante évolution.

L’avenir du secteur dépendra de contrôles plus sophistiqués, d’une plus grande intégration institutionnelle et d’un cadre réglementaire capable de s’adapter aux changements du marché. Parallèlement, il sera essentiel de compléter les mesures de répression par des politiques de prévention efficaces afin de garantir la légalité et la protection des consommateurs.

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