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Une « réglementation claire », clé du secteur de l'iGaming en Afrique

Anchal Verma
Rédigé par Anchal Verma
Traduit par Tarik Taloufate

Le marché de l’iGaming en Afrique du Sud dispose des atouts nécessaires pour rester l’un des marchés réglementés les plus solides d’Afrique. Toutefois, une réglementation plus claire est indispensable pour stimuler les investissements, favoriser l’innovation et assurer une croissance durable, selon Solomon Godwin, directeur Afrique de Booming Games. Dans un entretien accordé à SiGMA News, il affirme qu’une réglementation équilibrée, des infrastructures de paiement plus performantes et une meilleure harmonisation entre les marchés africains détermineront la prochaine phase de croissance du secteur.

Selon lui, l’essor rapide des technologies mobiles, des paiements numériques et de l’adoption des smartphones crée des conditions favorables au développement des jeux de hasard réglementés en Afrique. Il estime toutefois que seule une réglementation claire permettra aux opérateurs et fournisseurs titulaires d’une licence de tirer pleinement parti de ce potentiel.

La réglementation façonnera l’avenir du marché

Godwin souligne que l’Afrique du Sud bénéficie déjà de nombreux atouts, notamment une base de joueurs bien établie, un écosystème de paiement mature et un intérêt croissant de la part des opérateurs locaux et internationaux. Toutefois, les incertitudes entourant la réglementation des casinos en ligne continuent d’influencer les décisions d’investissement à long terme.

« D’un point de vue de l’innovation, la réglementation ne devrait pas se limiter à encadrer le secteur. Elle doit créer un environnement dans lequel les entreprises peuvent investir et innover en toute confiance. », explique Godwin.

Il ajoute que des normes claires concernant la certification des jeux, l’hébergement des serveurs, la vérification des joueurs, la publicité, la protection des données et le jeu responsable offriraient aux opérateurs et aux fournisseurs la visibilité nécessaire pour lancer de nouveaux produits et investir dans des technologies axées sur le mobile.

« La réglementation ne devrait pas se limiter à encadrer le secteur. Elle doit créer un environnement dans lequel les entreprises peuvent investir et innover en toute confiance. »

– Solomon Godwin, directeur Afrique chez Booming Games

Selon Godwin, un cadre réglementaire équilibré doit protéger les consommateurs, renforcer les mesures de jeu responsable et lutter contre les opérateurs illégaux, tout en donnant aux entreprises titulaires d’une licence la confiance nécessaire pour innover et se développer durablement.

Les paiements mobiles restent un avantage concurrentiel

Godwin estime que les jeux sur mobile ne constituent plus un avantage concurrentiel, mais une attente des joueurs, qui exigent une expérience fluide, de l’inscription jusqu’au retrait des gains. Selon lui, les solutions de paiement locales jouent toujours un rôle déterminant pour instaurer la confiance des clients et fidéliser les joueurs.

Il rappelle également que les technologies et services mobiles ont contribué à hauteur d’environ 240 milliards de dollars américains à l’économie africaine en 2025, soulignant ainsi le rôle croissant de la connectivité numérique dans le développement des loisirs en ligne sur le continent.

Skyline du Cap, Afrique du Sud.

« En définitive, le mobile offre l’accès, les paiements instaurent la confiance et l’intelligence artificielle améliore la pertinence de l’expérience. Sur le marché sud-africain, je pense que les opérateurs capables de combiner ces trois éléments, tout en plaçant des paiements sécurisés, rapides et adaptés aux réalités locales au cœur du parcours client, bénéficieront du plus fort avantage, tant pour l’acquisition que pour la fidélisation à long terme. »

Godwin ajoute que l’intelligence artificielle jouera un rôle de plus en plus important dans la personnalisation de l’expérience des joueurs, le service client et le jeu responsable, à condition qu’elle soit utilisée de manière responsable et contribue à la protection des joueurs.

Une réglementation fragmentée freine l’expansion en Afrique

À l’échelle du continent, Godwin considère que la fragmentation des réglementations constitue l’un des principaux obstacles auxquels sont confrontés les opérateurs souhaitant se développer sur plusieurs marchés africains.

Selon lui, les pays n’ont pas besoin d’adopter un cadre réglementaire unique. En revanche, une meilleure harmonisation des normes techniques, des règles relatives au jeu responsable, des dispositifs de lutte contre le blanchiment d’argent, de la vérification des joueurs et de la protection des données permettrait de réduire les coûts et de faciliter l’accès aux marchés.

« Les cadres réglementaires les plus efficaces sont ceux qui protègent les joueurs, inspirent confiance aux investisseurs et laissent suffisamment de marge aux opérateurs et aux fournisseurs titulaires d’une licence pour innover. », affirme Godwin.

Il ajoute que des procédures d’octroi de licence prévisibles et une fiscalité durable aideraient les entreprises autorisées à rester compétitives tout en réduisant l’attrait des opérateurs de jeux de hasard illégaux.

Le Nigeria, le Kenya et le Ghana en tête des perspectives de croissance

Godwin identifie le Nigeria et le Kenya comme les marchés africains offrant les meilleures perspectives de croissance après l’Afrique du Sud. Il estime également que le Ghana présente un fort potentiel grâce à l’adoption croissante des technologies financières (fintech) et au développement de son marché réglementé des jeux de hasard.

« Les marchés qui réussiront seront ceux qui sauront associer une réglementation claire, une fiscalité durable, une application efficace des règles, des solutions de paiement locales fiables et une flexibilité suffisante pour permettre aux opérateurs et aux fournisseurs de développer des produits réellement adaptés au comportement des joueurs locaux. »

– Solomon Godwin, directeur Afrique chez Booming Games

Selon lui, le Nigeria se distingue par l’importance de sa population, sa forte proportion de jeunes consommateurs et l’expansion rapide de son économie numérique. Il estime que le marché nigérian des médias et du divertissement devrait croître plus rapidement que ceux de l’Afrique du Sud et du Kenya d’ici 2029, porté par une demande croissante en contenus mobiles et en services numériques.

Godwin indique que l’écosystème mature de paiement mobile du Kenya et son marché bien établi des paris en ligne continuent de soutenir la croissance du secteur, tandis que le marché ghanéen des jeux de hasard en ligne aurait progressé de 24 % en 2025, faisant du pays l’un des marchés réglementés les plus prometteurs d’Afrique.

Il cite également la Tanzanie et l’Ouganda parmi les marchés à surveiller, en raison de leur population jeune, de leur forte culture des paris sportifs et de leurs solides écosystèmes de paiement mobile. Selon Godwin, l’adoption croissante des smartphones, l’amélioration de la connectivité mobile et l’utilisation accrue des paiements numériques continueront de soutenir la croissance du secteur sur l’ensemble du continent. « Les marchés qui réussiront seront ceux qui sauront associer une réglementation claire, une fiscalité durable, une application efficace des règles, des solutions de paiement locales fiables et une flexibilité suffisante pour permettre aux opérateurs et aux fournisseurs de développer des produits réellement adaptés au comportement des joueurs locaux. », conclut-il.

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