Le Sénat jamaïcain a approuvé le règlement Casino Gaming (General) Regulations 2025, activant un cadre juridique pour les casinos terrestres resté inactif depuis 2010. Ce règlement établit des règles en matière de licences, de conformité, d’application et de reporting financier, permettant au secteur des casinos du pays d’évoluer vers une exploitation complète. Il a été élaboré par la Casino Gaming Commission (CGC) dans le cadre du Casino Gaming Act. Alors que l’ouverture du premier casino était initialement prévue pour 2025, la finalisation du règlement en avril 2026 a repoussé le lancement du Princess Grand Jamaica Resort.
La sénatrice Kamina Johnson Smith a indiqué que ce cadre vise à protéger les joueurs, garantir l’intégrité des opérations et répondre aux normes internationales en matière de prévention de la criminalité financière. Elle a déclaré : « Au cœur de ce règlement se trouve la volonté de stimuler davantage l’économie jamaïcaine en diversifiant et en renforçant notre industrie touristique, qui contribue largement au PIB (produit intérieur brut) du pays. »
Objectifs clés du nouveau règlement
Adopté en 2010, le Casino Gaming Act a légalisé les jeux de casino en Jamaïque, mais en les limitant aux complexes hôteliers intégrés. En raison de cette approche prudente, seules des salles de jeux modestes ont vu le jour dans certains complexes, et bien que les casinos aient été autorisés en théorie, ils sont restés largement inactifs. Les investisseurs sont restés dans l’incertitude pendant près de dix ans, les projets étant retardés par l’absence de règles claires en matière de licences, de conformité et d’exploitation, ainsi que par des changements politiques.
Récemment, le gouvernement a décidé d’accélérer le développement des casinos dans le cadre de sa stratégie touristique. Le Casino Gaming (General) Regulations 2025 fournit désormais le cadre nécessaire à la mise en œuvre de la loi de 2010. Afin de garantir des pratiques équitables, de prévenir les crimes financiers, de protéger les populations vulnérables et de promouvoir le jeu responsable, il définit des règles pour les licences, les opérations et la conformité. Il prévoit également des procédures structurées de reporting, d’audit et d’application.
Chargée de superviser le secteur, la CGC gère les licences, contrôle la conformité et veille au respect des normes. Elle est également responsable des mesures de lutte contre le blanchiment d’argent et de l’alignement du secteur des jeux jamaïcain sur les standards internationaux.
Principales mesures de protection introduites
Le règlement 2025 met fortement l’accent sur le jeu responsable. Les mesures incluent des systèmes permettant d’identifier et d’accompagner les personnes à risque, la formation du personnel pour détecter les comportements problématiques, ainsi que des restrictions sur le jeu excessif. Une étude menée en 2022 intitulée Investigation of Adult Gambling in Jamaica, commandée par la Betting, Gaming and Lotteries Commission, a mis en évidence des risques significatifs chez les joueurs locaux. Parmi ceux ayant joué au cours de l’année précédente, environ 13 % ont été identifiés comme joueurs à risque modéré ou problématiques selon l’indice canadien de jeu problématique. Au sein de ce groupe, 14,9 % étaient classés comme joueurs problématiques et 22,4 % comme à risque modéré. Ces résultats soulignent la nécessité de renforcer les protections dans le secteur.
Les casinos doivent adopter des protocoles stricts de reporting, des systèmes de surveillance et collaborer étroitement avec les autorités financières. La Jamaïque a également signé des accords avec des organismes financiers afin de renforcer le partage d’informations et améliorer la détection des risques, notamment en matière de blanchiment d’argent.
Le règlement limite l’accès aux personnes en état d’ébriété et interdit la participation des mineurs. Afin de réduire les risques, le jeu à crédit est strictement encadré. Ces mesures visent à maintenir les activités de casino dans un cadre contrôlé tout en favorisant un environnement plus sûr.
La sénatrice Smith a ajouté : « La Commission est également l’autorité compétente désignée pour les jeux de casino au titre de la loi sur les produits du crime, de la loi de prévention du terrorisme et des règlements de mise en œuvre des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU. »
Pourquoi la Jamaïque évite les casinos indépendants
La Jamaïque a choisi de ne pas autoriser les casinos indépendants. L’accent est mis sur les complexes intégrés (Integrated Resort Developments – IRD), où les casinos s’inscrivent dans une offre touristique plus large comprenant hébergement, divertissement et activités de loisirs. Cette stratégie garantit que le jeu complète l’expérience touristique plutôt que d’en être l’élément central.
En Jamaïque, les resorts intégrés proposent une large gamme d’expériences : centres commerciaux, plages, espaces de divertissement, hébergements haut de gamme et activités de loisirs. Cette approche permet d’intégrer les casinos dans un cadre touristique global tout en attirant également les non-joueurs.
Premier projet de casino retardé
Le premier grand projet de casino en Jamaïque est le Princess Grand Jamaica Resort, situé à Hanover. Évalué à environ 400 millions de dollars, il devrait devenir le projet phare du secteur. Initialement prévu pour 2025, il a subi des retards en raison de défis réglementaires et techniques. Les estimations actuelles évoquent une ouverture au premier trimestre 2026, sans date officielle confirmée.
Alors que les casinos terrestres progressent, les jeux en ligne en Jamaïque restent en discussion. Le gouvernement étudie les meilleures approches pour réguler ce secteur en forte croissance, en cherchant à concilier innovation, sécurité et protection des consommateurs.
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