La Tanzanie a proposé l’instauration d’un droit d’accise de 5 % sur les mises dans le cadre de son budget national 2026/2027. Le ministre des Finances, Khamis Mussa Omar, a annoncé cette mesure lors de la présentation du budget devant l’Assemblée nationale à Dodoma. Si elle est approuvée, cette taxe s’appliquera à toutes les formes de paris, y compris les paris sportifs, les jeux de hasard, les machines à sous et les jeux en ligne.
Cette mesure marque une évolution du régime fiscal des jeux de hasard en Tanzanie, en taxant directement la valeur de chaque mise plutôt que les revenus des opérateurs ou les gains des joueurs. Les autorités indiquent que cette proposition vise à accroître les recettes publiques, renforcer le contrôle du secteur des jeux et répondre aux préoccupations liées à l’augmentation de la pratique des jeux de hasard.
L’annonce budgétaire de la Tanzanie
Le budget tanzanien pour 2026/2027 prévoit plusieurs mesures destinées à renforcer la politique budgétaire et la surveillance des différents secteurs. Les jeux de hasard y sont identifiés comme une source importante de recettes fiscales, tout en nécessitant un encadrement plus strict.
Le gouvernement propose ainsi un droit d’accise de 5 % sur la valeur de chaque mise, quel qu’en soit le résultat, pour l’ensemble des activités de jeux. Cette taxe concernera notamment les paris sportifs terrestres et en ligne, les jeux de casino, les machines à sous et les produits de jeux virtuels. Elle s’appliquera indépendamment du fait que le joueur gagne ou perde, contrairement aux systèmes fiscaux traditionnels qui ciblent principalement les gains.
Entrée en vigueur de la nouvelle taxe
La Tanzanie prévoit de mettre en œuvre cette nouvelle taxe sur les jeux de hasard à compter du 1er juillet 2026, sous réserve de son adoption par le Parlement. Les opérateurs devront alors adapter leurs systèmes, revoir leur politique tarifaire et renforcer leurs procédures de conformité. Cette mesure s’inscrit dans la stratégie du gouvernement visant à porter les recettes fiscales de 13,2 % à 13,7 % du PIB au cours de l’exercice budgétaire. En intégrant davantage le secteur des jeux à son système fiscal, le pays entend diversifier ses sources de revenus et consolider ses finances publiques.
Cette taxe se distingue par le fait qu’elle porte directement sur chaque mise, et non sur les revenus des opérateurs ou les gains des joueurs. Ainsi, une mise de 10 000 shillings tanzaniens (environ 4 dollars américains) sera immédiatement taxée, qu’elle soit gagnante ou perdante. Cette approche permet à l’État de percevoir des recettes régulières sur chaque transaction. Il s’agit également de la première taxe directe de ce type appliquée aux paris en Tanzanie. Les opérateurs pourraient ainsi être amenés à revoir leurs cotes, réduire leurs bonus ou adapter leur modèle économique afin d’absorber ce nouveau coût.
Les raisons de cette nouvelle taxe
La Tanzanie souhaite tirer davantage profit de la forte croissance de son secteur des jeux grâce à cette nouvelle taxe, dont l’objectif dépasse la simple augmentation des recettes publiques. Le gouvernement estime qu’elle pourrait générer environ 74,5 milliards de shillings tanzaniens (29 millions de dollars américains) par an. Ces fonds serviront notamment à financer les infrastructures routières, l’éducation, les services de santé et le développement des infrastructures numériques. Face à l’augmentation des dépenses publiques, les autorités considèrent les jeux réglementés comme une source de financement légitime permettant au secteur de contribuer davantage à l’économie nationale.
Parallèlement, les responsables politiques s’inquiètent de l’augmentation des problèmes liés aux jeux de hasard, en particulier chez les jeunes. Une pratique excessive est associée à une baisse de la productivité et de l’engagement au travail. Le ministère des Finances estime que certains joueurs consacrent trop de temps et d’argent aux jeux au détriment d’activités plus utiles. La hausse du coût des mises vise ainsi à décourager les comportements excessifs tout en maintenant un marché légal et réglementé.
Conséquences pour les opérateurs
Le futur droit d’accise aura un impact direct sur les opérateurs de jeux, en particulier les sociétés de paris sportifs en ligne, qui représentent l’un des principaux segments du marché tanzanien. La taxation de chaque mise devrait les inciter à revoir leurs stratégies tarifaires ainsi que d’autres aspects de leur modèle économique. Les investissements dans les logiciels de conformité, les systèmes fiscaux et l’efficacité opérationnelle devraient gagner en importance. Les opérateurs étrangers souhaitant entrer sur le marché devront également intégrer cette nouvelle contrainte.
Les joueurs seront eux aussi concernés, même si l’impact dépendra de la manière dont les opérateurs répercuteront cette taxe. D’un point de vue économique, une hausse des coûts tend généralement à réduire la participation, mais son influence sur les habitudes de jeu variera selon les profils. Les joueurs occasionnels pourraient diminuer leurs mises, tandis que les joueurs réguliers pourraient être moins affectés. L’évolution du marché permettra d’en mesurer les effets réels.
Un marché des jeux de hasard en pleine croissance
Le secteur des jeux de hasard en Tanzanie connaît une forte expansion, et cette nouvelle taxe intervient dans un contexte de croissance soutenue. Selon les prévisions du secteur, les revenus des paris devraient atteindre environ 463,3 millions de dollars américains en 2025 en produit brut des jeux (GGR), témoignant d’une hausse de la demande et de la participation des joueurs. L’industrie contribue également de manière importante à l’emploi, avec plus de 30 000 emplois directs et indirects. Les recettes fiscales collectées par le Gaming Board of Tanzania illustrent également le poids croissant du secteur dans les finances publiques.
À plus long terme, les prévisions indiquent que le marché pourrait générer près d’un milliard de dollars américains de revenus bruts d’ici 2031, principalement grâce au développement des plateformes de jeux en ligne. La croissance devrait se poursuivre en 2026, s’accélérer avec l’expansion du numérique en 2027 et se renforcer à la fin de la décennie, les jeux en ligne représentant l’essentiel des revenus du secteur.
La nouvelle taxe tanzanienne s’inscrit dans une tendance plus large observée en Afrique, où plusieurs gouvernements renforcent la réglementation des jeux de hasard. L’Ouganda a récemment instauré une taxe harmonisée de 30 % sur les paris et les jeux, ainsi qu’un impôt de 15 % sur les gains nets.
Le Kenya et le Nigeria ont adopté des approches différentes. Le Kenya applique une taxe de 5 % sur les retraits des portefeuilles de paris, en complément des taxes déjà prélevées sur les dépôts, tandis que l’État de Lagos, au Nigeria, a instauré une retenue à la source de 5 % sur les gains des joueurs.
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