L’Ukraine collabore avec la Commission britannique des jeux de hasard afin de renforcer son cadre réglementaire en matière de jeux de hasard dans le cadre des réformes menées par PlayCity, l’autorité nationale de régulation du secteur. Cette coopération vise à améliorer la protection des joueurs, les procédures d’octroi de licences, les contrôles et la supervision du marché, tout en préservant un marché réglementé capable de concurrencer les opérateurs illégaux.
Selon le premier rapport annuel de PlayCity, le régulateur a délivré 250 licences, perçu plus de 569 millions de hryvnias (₴) en redevances de licences et bloqué plus de 4 100 sites de jeux de hasard illégaux au cours de sa première année d’activité. Les réformes ukrainiennes se sont également concentrées sur le renforcement de la surveillance numérique, des normes d’octroi de licences et des mesures de répression contre les opérateurs non autorisés.
La nouvelle phase de la réforme des jeux de hasard en Ukraine
Le ministère ukrainien de la Transformation numérique a annoncé de nouvelles mesures visant à renforcer la coopération avec les régulateurs étrangers. Selon le média ukrainien Sport.Ua, la vice-ministre Natalia Denikeeva doit rencontrer des représentants de la Commission britannique des jeux de hasard afin d’échanger sur la réglementation, la protection des consommateurs, la conformité des opérateurs et les futures stratégies.
L’un des principaux objectifs de ces discussions est la signature d’un protocole d’accord entre les deux pays. Ce type de coopération est devenu courant, les jeux de hasard ne connaissant pas de frontières. L’échange d’informations, des procédures d’octroi de licences, des pratiques d’application de la réglementation et des politiques de jeu responsable permet de mieux gérer les risques.
Une référence mondiale en matière de régulation
La Commission britannique des jeux de hasard est largement considérée comme l’un des régimes réglementaires les plus complets au monde. Au fil des années, elle a mis en place un vaste ensemble de règles couvrant les exigences en matière de licences, la lutte contre le blanchiment d’argent, les contrôles de solvabilité des joueurs, les politiques de jeu responsable, les pratiques publicitaires ainsi que les stratégies de contrôle et de sanction. L’expérience britannique sert aujourd’hui de référence à de nombreux pays.
L’Ukraine semble particulièrement intéressée par la manière dont le Royaume-Uni parvient à trouver un équilibre entre une réglementation stricte et la viabilité économique du secteur. Des restrictions excessives peuvent pousser les joueurs vers des opérateurs offshore non autorisés offrant peu de protections, tandis qu’une réglementation trop souple favorise les risques d’addiction, de fraude et de marketing agressif. Trouver un juste équilibre devrait constituer l’un des principaux sujets des discussions entre les autorités ukrainiennes et britanniques.
Le rôle grandissant de PlayCity
Lancée il y a un peu plus d’un an sous l’autorité du ministère de la Transformation numérique, PlayCity est rapidement devenue un acteur central de la régulation des jeux de hasard en Ukraine. Créée pour remplacer l’ancienne autorité chargée des licences, elle a pour mission d’apporter davantage de transparence et de technologies aux processus réglementaires. Ses responsabilités sont nombreuses : délivrance des licences, contrôle de la conformité des opérateurs, détection des plateformes illégales, renforcement de la protection des consommateurs et coordination des actions de contrôle entre les différentes administrations. PlayCity a également déployé des systèmes de vérification numériques permettant une surveillance bien plus efficace que les anciennes procédures papier.
Des discussions sont déjà en cours concernant son évolution institutionnelle. Certains responsables ont proposé de retirer PlayCity de la tutelle du ministère de la Transformation numérique pour le placer directement sous l’autorité du gouvernement. Dans ce scénario, le ministère des Finances pourrait devenir son principal organisme de supervision.
La technologie occupe désormais une place centrale dans la stratégie ukrainienne de lutte contre les activités illégales. Les sites de jeux de hasard non autorisés opèrent souvent au-delà des frontières, rendant les méthodes traditionnelles de contrôle lentes et peu efficaces. Les systèmes de surveillance numériques, les outils de vérification automatisés et les rapports de conformité en temps réel permettent aux régulateurs de détecter plus rapidement les activités suspectes et de limiter l’accès des opérateurs illégaux aux consommateurs. L’accent mis par PlayCity sur la supervision technologique reflète une tendance qui s’observe aujourd’hui dans de nombreux pays.
Le jeu de hasard responsable devient une priorité
La protection des joueurs vulnérables est devenue l’un des principaux objectifs de la nouvelle législation ukrainienne sur les jeux de hasard. Si cette industrie génère des recettes fiscales et de l’activité économique, les pouvoirs publics cherchent de plus en plus à limiter les conséquences sociales liées au jeu excessif.
Une étude nationale menée auprès de 3 164 Ukrainiens révèle que 15 % des personnes interrogées se considèrent comme des joueurs, mais que seulement 5 % avaient joué au cours de l’année précédente et 2 % au cours du mois précédent. L’étude montre également que 75 % des participants estiment que les jeux de hasard constituent l’un des problèmes les plus préoccupants du pays, tandis que 7 % déclarent avoir déjà prêté de l’argent à des proches pour jouer.
L’un des aspects les plus débattus de cette réforme concerne les restrictions applicables aux militaires. Afin d’accélérer les contrôles, PlayCity souhaite mettre en place un système électronique d’identification comparant automatiquement les utilisateurs avec la base de données du ministère de la Défense. Si un membre des forces armées tente d’accéder à un casino en ligne, son accès sera bloqué instantanément. Cette procédure automatisée élimine les contrôles manuels et réduit les possibilités de contournement, illustrant la manière dont les infrastructures numériques peuvent être intégrées aux dispositifs réglementaires.
Une coopération au-delà du Royaume-Uni
La réforme ukrainienne des jeux de hasard se poursuit également grâce à la coopération avec plusieurs pays européens. Le Responsible Gambling Centre (RGC), principale organisation non gouvernementale spécialisée dans ce domaine, a déjà annoncé plusieurs visites d’étude à l’étranger, selon le média UNN.
Les représentants du RGC entameront leur tournée à Tallinn, en Estonie, où ils rencontreront des responsables des ministères des Affaires sociales et des Finances ainsi que des experts de l’Institut national de la santé et du développement. L’Estonie a été choisie en raison de son approche originale consistant à intégrer le jeu responsable dans sa politique globale de santé publique. Les échanges porteront notamment sur la prévention de l’addiction, les traitements disponibles, l’information des consommateurs et la structure de supervision réglementaire dans un marché largement dominé par les jeux en ligne.
Le RGC poursuivra ensuite sa mission à Lisbonne, au Portugal, où il rencontrera des représentants du gouvernement, des opérateurs agréés, des professionnels de la santé mentale et des spécialistes du jeu responsable. Le Portugal constitue un autre exemple de marché ayant réussi à concilier une industrie des jeux de hasard compétitive avec une protection efficace des consommateurs. L’Ukraine entend ainsi bâtir un cadre réglementaire fondé sur les meilleures pratiques internationales tout en l’adaptant à son contexte juridique, économique et social.
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