La Commission nationale des jeux de hasard (NGB) d’Afrique du Sud a lancé un nouveau portail de vérification en ligne visant à renforcer la supervision du secteur des jeux de hasard.
Lancée le mercredi 8 avril, la plateforme répertorie tous les opérateurs de jeux de hasard agréés autorisés à exercer dans le pays. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large visant à lutter contre les activités illégales et à orienter les consommateurs vers des opérateurs réglementés.
Développé en partenariat avec les autorités provinciales de délivrance des licences, le portail propose une base de données consultable couvrant à la fois les opérateurs terrestres et en ligne. Le registre restera accessible au public et sera mis à jour en continu.
Les autorités, notamment les forces de l’ordre, les institutions financières et les organismes fiscaux, auront également accès à cette base de données. Seuls les opérateurs figurant sur le portail sont légalement autorisés à proposer des services de jeux en Afrique du Sud.
Une « étape cruciale » pour la protection en Afrique du Sud
Le directeur général par intérim de la NGB, Lungile Dukwana, a qualifié ce portail d’avancée majeure en matière de protection des consommateurs. « Cette plateforme constitue une étape essentielle pour protéger les Sud-Africains contre les risques liés aux jeux illégaux », a-t-il déclaré.
Il a expliqué que cet outil permet aux utilisateurs de vérifier facilement les opérateurs légitimes avant de s’engager. Cela favorise une participation plus sûre et renforce la confiance dans le marché réglementé. « Il offre au public une ressource fiable pour vérifier les opérateurs agréés et garantit que ceux qui choisissent de jouer peuvent le faire dans un environnement sûr et encadré, tout en renforçant la supervision et la responsabilité dans le secteur. »
La plateforme devrait également renforcer la responsabilité en améliorant la transparence parmi les opérateurs agréés.
Hausse des mises et pression réglementaire
L’Afrique du Sud reste le plus grand marché réglementé de jeux en Afrique, supervisé par des autorités à la fois provinciales et nationales.
Selon la NGB, le volume total des mises a atteint 1 500 milliards de rands sud-africains (89 milliards de dollars) au cours de l’exercice 2024/2025, soit une hausse de 31,3 % par rapport à l’année précédente, d’après les données officielles.
Malgré cette croissance, les régulateurs font face à une pression croissante liée aux plateformes de jeux de hasard en ligne transfrontalières. De nombreux opérateurs offshore continuent de cibler les consommateurs sud-africains sans autorisation adéquate.
Une récente décision de la Haute Cour du Gauteng a confirmé que les casinos en ligne restent illégaux au regard de la législation nationale. Elle a également mis en évidence des incohérences dans l’application des règles au niveau provincial, soulignant l’écart grandissant entre la réglementation existante et l’évolution rapide des marchés numériques.
Débat fiscal et inquiétudes du secteur
Le gouvernement envisage actuellement d’appliquer une taxe de 20 % sur le produit brut des jeux (GGR). Cette proposition suscite un débat intense parmi les acteurs du secteur, notamment en raison de ses potentielles conséquences indirectes.
Un porte-parole de la Free Market Foundation (FMF) a averti que des taxes plus élevées pourraient inciter les utilisateurs à se tourner vers des plateformes non réglementées.
« Le résultat probable est que davantage d’utilisateurs se tourneront vers des casinos en ligne offshore, qui échappent au cadre réglementaire existant et ne paient pas de taxes sur les jeux. »
Renforcement de la lutte contre l’illégal
Les jeux illégaux restent une préoccupation majeure pour les régulateurs et les opérateurs agréés. L’Association sud-africaine des bookmakers (SABA) estime que 62 % de l’activité de jeu en ligne provient d’opérateurs non autorisés, illustrant l’ampleur du défi.
Le portail de la NGB vise à répondre à cette problématique en encourageant les consommateurs à vérifier les opérateurs avant de parier. « Nous n’encourageons pas le jeu au-delà du divertissement, mais nous promouvons une participation informée et responsable pour ceux qui choisissent de jouer », a expliqué Dukwana.
Le régulateur a également souligné que les opérateurs agréés doivent proposer des garanties, notamment des mécanismes de résolution des litiges, des mesures de jeu responsable et le respect des règles de lutte contre le blanchiment d’argent.
La NGB prévoit de collaborer étroitement avec les institutions financières afin de restreindre les flux de paiement vers les opérateurs non autorisés, ce qui pourrait limiter davantage l’expansion des plateformes illégales en Afrique du Sud.
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