Skip to content

L'Afrique du Sud recherche un partenaire pour bloquer les sites de jeux de hasard illégaux

Rajashree Seal
Rédigé par Rajashree Seal
Traduit par Tarik Taloufate

La Commission nationale des jeux de hasard (NGB) d’Afrique du Sud a lancé un appel à manifestation d’intérêt (EOI) afin de désigner un prestataire spécialisé chargé de fournir une solution de surveillance, de suivi, de blocage et de reporting destinée à détecter et prévenir les activités de jeux de hasard illégaux en ligne visant les consommateurs sud-africains. Cette initiative s’inscrit dans le renforcement des efforts du régulateur pour lutter contre les opérateurs non agréés et améliorer l’application de la réglementation dans le pays.

Prévu dans le document d’appel à manifestation d’intérêt publié le 30 juin 2026, ce projet vise à sélectionner un prestataire capable d’identifier les sites de jeux de hasard illégaux ciblant les consommateurs sud-africains, de les bloquer et de fournir des renseignements permettant de soutenir les actions de contrôle et de répression.

Le régulateur estime que les jeux de hasard illégaux représentent une menace croissante pour l’intégrité du marché réglementé sud-africain, les opérateurs non agréés exploitant les technologies numériques et les failles juridictionnelles pour atteindre les consommateurs locaux.

Dans le cadre de cet appel à manifestation d’intérêt, le NGB invite les prestataires qualifiés à proposer une solution de surveillance, de suivi, de blocage et de reporting destinée à détecter et prévenir les activités de jeux de hasard illégaux en ligne. Une réunion d’information virtuelle destinée aux candidats est prévue le 15 juillet 2026 à 11 h (CAT), tandis que les manifestations d’intérêt devront être soumises avant le 7 août 2026 à midi (CAT), sous la référence 01/2026_ED.

La technologie au service de la lutte contre les jeux de hasard illégaux

Selon le document d’appel d’offres, la NGB recherche un prestataire capable de surveiller le trafic Internet provenant de sites de jeux de hasard illégaux ciblant les Sud-Africains, d’établir le profil des opérateurs en identifiant leur pays d’origine, leur statut d’agrément et leurs propriétaires, puis de transmettre ces informations au régulateur afin de faciliter les enquêtes des autorités chargées de l’application de la loi.

Le prestataire retenu sera également chargé de bloquer les sites identifiés et d’assurer un suivi continu afin de les bloquer de nouveau s’ils réapparaissent sous d’autres noms de domaine ou adresses.

Le document précise l’objectif de cette procédure : « La NGB souhaite trouver un prestataire capable de bloquer ces sites et de fournir des renseignements sur ces opérateurs afin de soutenir les futures actions de répression. »

Le régulateur indique que cette initiative vise à répondre à l’un de ses principaux défis : la multiplication des opérateurs de jeux de hasard offshore qui continuent de proposer leurs services aux consommateurs sud-africains sans disposer d’une licence locale.

Le document souligne : « L’Afrique du Sud peine à lutter contre les opérateurs de jeux interactifs illégaux qui proposent des jeux de hasard aux Sud-Africains sans licence. » Il ajoute que cette difficulté est aggravée par le fait que de nombreux opérateurs illégaux sont établis dans des juridictions étrangères échappant à la compétence immédiate des autorités sud-africaines.

Les jeux de hasard illégaux menacent le marché réglementé

Le document d’appel à manifestation d’intérêt rappelle le cadre juridique sur lequel repose cette initiative. Créé en vertu de la Loi nationale sur les jeux de hasard de 2004 en tant qu’entité publique de catégorie 3A conformément à la Loi sur la gestion des finances publiques, la NGB est chargée, en application des articles 33, 34, 65 et 66 de la loi, d’aider les autorités provinciales chargées des licences à détecter et poursuivre les activités de jeux de hasard non agréées. Le régulateur affirme que sa mission consiste à promouvoir un environnement de jeu légal, sûr et exempt de criminalité, tout en protégeant les consommateurs contre les risques liés aux jeux de hasard.

Le document rappelle également que l’article 11 de la Loi nationale sur les jeux de hasard interdit expressément les jeux interactifs non autorisés, sauf disposition contraire de la législation nationale. Aucune loi n’ayant été adoptée pour légaliser les jeux interactifs, leur prolifération demeure contraire aux articles 11 et 8 de la loi, ce dernier interdisant toute activité de jeux de hasard non agréée.

Selon le régulateur, les jeux de hasard illégaux se sont rapidement développés, aussi bien dans les établissements physiques que sur Internet, sous l’effet des avancées technologiques, des lacunes réglementaires et des activités criminelles organisées. Ces activités illicites menacent la sécurité publique, portent atteinte à l’intégrité du marché réglementé, réduisent les recettes fiscales nationales et provinciales et exposent les personnes vulnérables, notamment les mineurs et les joueurs compulsifs, à des risques importants.

Le document souligne également que les opérateurs illégaux exploitent de plus en plus les plateformes en ligne, les cybercafés, les portefeuilles numériques, les transactions en cryptomonnaies et les failles entre juridictions pour échapper aux contrôles réglementaires. Dans le même temps, les opérateurs agréés subissent une concurrence déloyale de la part des activités de paris illégales en ligne, qui fragilisent l’équité du marché réglementé.

Une première étape avant l’appel d’offres

La NGB précise que cet appel à manifestation d’intérêt vise à présélectionner les prestataires avant le lancement d’un appel d’offres officiel.

Les candidats devront démontrer le fonctionnement de leur solution de blocage de sites web en Afrique du Sud, détailler leur méthodologie de mise en œuvre, les partenariats envisagés, les autorisations et licences nécessaires, ainsi que leur approche pour répondre aux défis auxquels le régulateur est confronté. Ils devront également préciser si leur modèle est susceptible de générer des revenus durables.

Le document exige également que les candidats comparent leur solution à des initiatives similaires mises en œuvre dans d’autres juridictions et présentent leurs observations, conclusions et recommandations.

Selon la NGB, les sites devront être bloqués chaque fois que des opérateurs illégaux tenteront de proposer des jeux de hasard aux consommateurs sud-africains. Les renseignements collectés grâce au système de surveillance seront transmis aux forces de l’ordre afin que les opérateurs illégaux puissent être poursuivis en justice et sanctionnés conformément à la National Gambling Act. Le régulateur estime que ce dispositif renforcera ses capacités d’application de la loi tout en protégeant le marché sud-africain des jeux de hasard et le grand public contre les activités illicites.

Une initiative qui s’inscrit dans une stratégie plus large

Cet appel à manifestation d’intérêt intervient après plusieurs initiatives réglementaires menées par la NGB en 2026, notamment le lancement du portail Verified Gambling Operators et la publication d’avertissements destinés aux consommateurs avant la Coupe du monde de la FIFA concernant les plateformes de jeux de hasard illégales et les fausses applications de paris.

Cette initiative fait également suite aux discussions du 24 juin devant la commission parlementaire du Commerce, de l’Industrie et de la Concurrence, au cours desquelles le directeur général de la NGB, Lungile Dukwana, a indiqué que le régulateur travaillait avec le Conseil national de la politique en matière de jeux de hasard sur plusieurs questions de politique publique liées aux jeux de hasard en ligne.

Selon Lungile Dukwana, le conseil a préparé un rapport identifiant plusieurs domaines nécessitant un examen approfondi, notamment la réglementation des jeux de hasard en ligne, des bourses de paris et du suivi des pertes historiques. Il a également souligné que les flux financiers dirigés vers des sites offshore opérant hors du cadre réglementaire sud-africain constituaient l’une des principales préoccupations du régulateur, ces opérateurs ne payant ni taxes ni prélèvements locaux et n’étant soumis à aucune obligation comparable en matière de protection des consommateurs.

Lors de cette audition parlementaire, Lungile Dukwana a également fait part des inquiétudes de la NGB concernant la présence croissante de la publicité pour les jeux de hasard en ligne sur différents médias. Il a indiqué que des discussions étaient en cours sur un renforcement des règles encadrant ces publicités, notamment en ce qui concerne leurs horaires de diffusion et les contenus promotionnels trompeurs. Les recherches présentées aux parlementaires ont également mis en évidence des comportements de jeu problématiques, notamment le recours à l’emprunt pour jouer et l’utilisation de prestations sociales à des fins de jeux de hasard.

La NGB a indiqué que ses échanges avec le Conseil national de la politique en matière de jeux de hasard visaient à combler les lacunes réglementaires et à préparer les futures évolutions de la politique sud-africaine en matière de jeux de hasard en ligne.

Le Cap vous attend. Du 15 au 17 février 2027, SiGMA Africa réunira régulateurs, opérateurs, affiliés et investisseurs autour de deux journées de réseautage, d’innovation et d’échanges qui façonneront l’avenir de l’industrie des jeux en Afrique. Rejoignez les acteurs qui écrivent le prochain chapitre du secteur.

 

This site is registered on wpml.org as a development site. Switch to a production site key to remove this banner.