L’augmentation de la taxe britannique sur les jeux à distance, passée de 21 % à 40 %, s’apparente davantage à une redistribution de la pression fiscale au sein d’un marché déjà fortement régulé qu’à une harmonisation, a déclaré Oren Dalal à SiGMA News. Selon lui, cette réforme ne simplifie pas le système, mais déplace la charge fiscale entre les différents segments de produits.
Dalal, analyste en veille réglementaire et fondateur de GamingMarkets, a ajouté que les casinos en ligne sont les plus directement touchés d’un point de vue économique. « C’est là que les marges sont les plus exposées et que la captation fiscale est la plus directe », a-t-il précisé.
Il a indiqué que cette évolution s’inscrit plus largement dans la manière dont les marchés numériques matures évoluent, les gouvernements privilégiant la certitude des recettes et leur facilité de perception plutôt que la simplification structurelle, « en particulier dans les segments plus faciles à surveiller et à taxer ».
Dalal a souligné que les gouvernements privilégient la certitude des recettes et leur applicabilité plutôt que la simplification structurelle, « en particulier dans les segments plus faciles à surveiller et à taxer », ajoutant que cette tendance est cohérente avec l’évolution des marchés numériques matures.
Impact sur l’industrie iGaming au Royaume-Uni
Interrogé sur l’impact attendu des changements entrés en vigueur le 1er avril sur le développement futur du secteur iGaming britannique, Dalal a répondu qu’« à ce niveau », la taxe sur les jeux à distance ne constitue plus seulement une hausse de coûts. Selon lui, elle commence à influencer en profondeur la manière dont les opérateurs abordent le marché.
« On devrait observer une attention accrue à l’allocation du capital, au mix produit et au niveau d’exposition que les opérateurs sont prêts à maintenir sur un marché unique », a-t-il expliqué. Il a ajouté que le Royaume-Uni reste attractif en termes de réglementation et de demande, mais que le seuil d’efficacité opérationnelle est désormais « clairement plus élevé ».
Poursuivant son analyse, Dalal estime qu’un ajustement stratégique pourrait s’opérer, les opérateurs s’orientant davantage vers les paris sportifs ou des segments à plus faible marge, où l’impact fiscal est moins concentré. Le marché pourrait ainsi évoluer d’une logique de croissance vers une compétition axée sur l’efficacité.
« Il ne s’agit pas tant de bloquer l’entrée que d’élever les standards. Les nouveaux entrants devront disposer de bilans plus solides, de structures de coûts plus efficaces et d’un positionnement plus clair », a-t-il ajouté en réponse à une question sur les barrières à l’entrée.
Risque de marché noir
Des inquiétudes ont été exprimées quant au risque que certaines mesures renforcent involontairement le marché noir et affaiblissent l’industrie régulée.
Interrogé à ce sujet, Dalal a indiqué qu’une sensibilité au risque de marché noir existe toujours. Il a expliqué que l’augmentation de la charge fiscale réduit la flexibilité tarifaire, ce qui peut affecter la compétitivité des opérateurs régulés.
Il a notamment évoqué la pression sur les promotions : « À mesure que la fiscalité augmente, il devient plus difficile de maintenir des bonus agressifs et des incitations pour les joueurs… La traduction en croissance du marché noir dépendra de l’application des règles et des contrôles des paiements. Mais structurellement, si les offres régulées deviennent moins compétitives, une certaine fuite vers des canaux alternatifs est difficile à éviter ».
Réaction des opérateurs
Alors que la hausse de la taxe sur les jeux à distance entrait en vigueur, Evoke a annoncé la fermeture prochaine d’environ 200 points de vente William Hill au Royaume-Uni. Dalal a été interrogé sur la possibilité que d’autres entreprises suivent cette voie.
Il a répondu qu’il ne relierait pas directement ces fermetures à la seule réforme fiscale, soulignant que les paris en points de vente physiques sont déjà sous pression depuis plusieurs années en raison de la digitalisation, des coûts et du durcissement réglementaire.
Selon lui, ce type de changement fiscal renforce la nécessité d’une allocation plus efficace du capital entre les différents canaux. « Dans ce contexte, une rationalisation supplémentaire du réseau physique ne serait pas surprenante, notamment là où les marges sont déjà sous pression ».
Dans l’ensemble, Dalal estime que la question clé n’est pas tant la capacité des opérateurs à absorber un taux de 40 %, mais plutôt leur volonté de continuer à investir au Royaume-Uni avec la même intensité. Il souligne qu’il s’agit d’un changement stratégique plus qu’opérationnel.
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