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L'industrie des jeux en Ouganda atteint les 2,2 milliards de dollars dans un contexte de réformes réglementaires

Rajashree Seal
Rédigé par Rajashree Seal
Traduit par Tarik Taloufate

Le secteur des jeux de hasard en Ouganda a enregistré une croissance spectaculaire au cours des trois derniers exercices budgétaires, son chiffre d’affaires annuel passant de 500 milliards de shillings ougandais (138 millions de dollars) en 2021/2022 à environ 8 000 milliards de shillings ougandais (2,2 milliards de dollars) en 2024/2025, selon la Commission nationale de régulation des loteries et des jeux de hasard (NLGRB). Le régulateur estime que cette croissance a conduit à la poursuite des réformes réglementaires et fiscales du secteur.

Selon le régulateur, l’ampleur de cette progression reflète l’importance économique croissante du marché réglementé des jeux de hasard en Ouganda, tout en soulignant la nécessité de mettre en place des cadres réglementaires et fiscaux plus solides, capables de suivre l’évolution rapide d’un secteur désormais largement numérisé.

D’après la NLGRB, le marché ougandais est passé d’un secteur essentiellement terrestre à un écosystème majoritairement numérique, rendant les approches réglementaires traditionnelles de moins en moins efficaces. Le régulateur estime que cette transformation et l’expansion des jeux de hasard en ligne nécessitent des mécanismes de supervision modernes afin de garantir la conformité, la protection des consommateurs et un développement durable.

La transition numérique est particulièrement marquée : le régulateur indique que 93 % de l’ensemble des mises sont désormais effectuées en ligne. Cette évolution a conduit la NLGRB à abandonner le recours exclusif aux déclarations des opérateurs au profit d’un système de surveillance électronique en temps réel.

La surveillance en temps réel renforce la transparence

L’un des piliers du nouveau dispositif réglementaire ougandais est le Système national centralisé de surveillance électronique (NCEMS), entré en service en 2024.

Avant le déploiement de cette plateforme de surveillance, le régulateur disposait d’une visibilité limitée sur le volume réel des activités de paris des opérateurs agréés. Depuis la mise en œuvre du système, le montant déclaré des mises est passé de 4 300 milliards de shillings ougandais (1,19 milliard de dollars) en 2023/2024 à 8 300 milliards de shillings ougandais (2,3 milliards de dollars) en 2024/2025, ce qui reflète une amélioration de la transparence et de la supervision.

Selon la NLGRB, les recettes fiscales issues des jeux de hasard ont atteint 323 milliards de shillings ougandais (89 millions de dollars) au cours de l’exercice 2024/2025. Le régulateur attribue cette hausse à l’amélioration de la surveillance et au renforcement de la conformité.

Le régulateur souligne qu’une supervision efficace doit évoluer au même rythme que la croissance rapide du secteur. En combinant une surveillance renforcée avec des politiques fiscales actualisées, l’Ouganda entend maintenir un écosystème de jeux de hasard bien réglementé, favorable à la croissance des entreprises, à l’augmentation des recettes publiques et à la promotion du jeu responsable.

Entrée en vigueur d’un nouveau cadre fiscal

L’expansion du secteur a également influencé les dernières réformes fiscales de l’Ouganda. Depuis le 1er juillet 2026, le pays applique un taux harmonisé de 30 % sur les activités de jeux de hasard, accompagné d’une retenue à la source de 15 % sur les gains des joueurs.

Selon la NLGRB, ce nouveau cadre fiscal a été conçu pour accompagner la croissance du secteur des jeux de hasard en Ouganda. Le régulateur estime que ces réformes permettront de renforcer la supervision des opérateurs agréés, d’améliorer l’efficacité réglementaire et de garantir une contribution équitable du secteur au développement national.

Les projections gouvernementales indiquent qu’avec la poursuite des investissements et un contrôle accru, les recettes totales issues du secteur pourraient à terme atteindre 1 000 milliards de shillings ougandais (276 millions de dollars).

Les parlementaires décrivent l’évolution du secteur vers un marché centré sur le mobile, soutenu par l’essor du paiement mobile et des paris sur le football, comme l’une des plus grandes réussites numériques de l’Ouganda.

Les mesures de répression ciblent les jeux de hasard illégaux

Malgré la numérisation rapide du secteur, les jeux de hasard terrestres illégaux restent un défi pour les autorités de régulation. La NLGRB indique que des machines à sous illégales continuent d’entrer en Ouganda après avoir été introduites clandestinement sous couvert de pièces détachées informatiques exonérées de taxes, notamment des cartes mères, avant d’être assemblées localement.

Pour lutter contre ce marché illicite, le régulateur a intensifié ses opérations de contrôle. Il a saisi plus de 7 700 appareils de jeux illégaux, d’une valeur estimée à 8,77 milliards de shillings ougandais (2,4 millions de dollars), et détruit 6 867 machines afin d’empêcher leur remise en circulation.

Le régulateur a également mis en place une passerelle de paiement centralisée, placée sous la supervision de la Banque d’Ouganda, par laquelle transitent l’ensemble des mises et des paiements via un canal unique contrôlé.

Le jeu responsable demeure une priorité

La NLGRB a également renforcé ses initiatives en matière de jeu responsable à mesure que le secteur s’est développé. Le régulateur cite une étude réalisée en 2023 selon laquelle 99 % des joueurs problématiques sont des hommes, tandis que 58 % sont des jeunes. En réponse, il a décentralisé ses services en ouvrant des bureaux régionaux à Gulu, Mbale et Mbarara.

Selon la NLGRB, la pérennité du secteur des jeux de hasard dépendra de sa capacité à concilier croissance commerciale, protection des consommateurs et promotion du jeu responsable.

Ces développements interviennent peu après que la NLGRB a confirmé la cessation des activités d’Ithuba Uganda Limited en tant qu’opérateur de la Loterie nationale ougandaise le 1er juillet 2026. Le régulateur a précisé qu’il supervisait le processus de transition conformément à la loi sur les loteries et les jeux de hasard, tout en gérant les licences, les concessions et les autres obligations réglementaires durant cette période, alors que l’Ouganda prépare la prochaine phase de son programme de loterie nationale.

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