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Une étude de données concilie les écarts de participation au bingo au Royaume-Uni

Jenny Ortiz-Bolivar
Rédigé par Jenny Ortiz-Bolivar
Traduit par Tarik Taloufate

Dans une démarche de transparence des données, la Commission britannique des jeux de hasard a publié un rapport complet examinant la cohérence et la comparabilité des estimations de participation au bingo. Selon ce rapport, le projet a été lancé après que l’Association Bingo, organisme professionnel représentant les clubs de bingo agréés, a mis en évidence des divergences entre ses données internes de fréquentation et les résultats du premier rapport annuel du Enquête sur les jeux de hasard en Grande-Bretagne (GSGB).

Les deux organisations ont indiqué vouloir établir une base de preuves solide et complète pour la prise de décision, afin de garantir que les actions réglementaires reposent sur une compréhension claire du comportement des consommateurs. Cette enquête s’inscrit dans les recommandations plus larges de l’Office de régulation des statistiques (OSR), visant à assurer la cohérence des statistiques du GSGB avec d’autres données pertinentes.

Les trois piliers définissant le bingo moderne

Afin de comprendre les variations de données, le rapport établit d’abord un cadre clair définissant le jeu. Selon les orientations officielles du secteur, le bingo repose sur trois principes fondamentaux : il doit être un jeu de hasard équitable ; il doit impliquer une participation active, comme le marquage des cartes ; et il doit comporter une fin clairement définie.

Les lieux où se pratique le bingo sont très variés. Si les clubs de bingo traditionnels sont les plus connus, une licence de bingo couvre également les activités dans les salles de bingo urbaines, les parcs de vacances et les clubs sociaux. Par ailleurs, certaines formes de bingo peuvent être organisées sans licence spécifique, comme les événements caritatifs dans des écoles ou des lieux de culte. Le rapport souligne que, le bingo pouvant être pratiqué presque partout, mesurer précisément la participation nécessite une approche nuancée prenant en compte les habitudes de consommation des joueurs.

(Source : Commission des jeux de hasard)

Les lieux physiques dominent les plateformes en ligne

Une conclusion majeure du rapport est la domination persistante du bingo terrestre sur le secteur numérique. Les statistiques de l’industrie pour la période d’avril 2024 à mars 2025 montrent que le bingo terrestre a généré un produit brut des jeux (PBJ) de 650,4 millions de livres sterling (878,2 millions de dollars), dont 165,6 millions de livres (224 millions de dollars) proviennent du bingo en ligne. Sur ce total terrestre, 226,4 millions de livres (306 millions de dollars) proviennent directement du bingo, tandis qu’une part importante de 424,0 millions de livres (572,5 millions de dollars) est générée par les machines de jeu situées dans les établissements de bingo.

Cette tendance financière se reflète également dans les taux de participation. Le GSGB indique que 3,3 % des adultes ont joué au bingo en présentiel, contre 2,5 % en ligne.

De nouveaux formats attirent une nouvelle génération de joueurs

Le rapport met en évidence une évolution démographique du secteur, portée par des motivations sociales. Contrairement aux jeux de hasard en ligne, le bingo en présentiel est principalement motivé par le plaisir et l’ambiance sociale. Cela a favorisé l’émergence de « nouveaux formats de bingo en présentiel », notamment Bongo’s Bingo, qui « combine le bingo traditionnel avec une atmosphère festive ».

D’autres initiatives, comme le « Spingo » (mélange d’exercice physique et de bingo) introduit par Mecca, montrent comment le secteur se diversifie. Selon le rapport, ces exemples indiquent que le bingo « dépasse le cadre des clubs traditionnels et attire potentiellement une nouvelle catégorie de joueurs » qui ne se tourneraient pas autrement vers les jeux de hasard.

Des différences méthodologiques à l’origine de l’écart initial

Selon le rapport, le cœur de l’enquête visait à comprendre pourquoi le GSGB indiquait initialement un taux de participation de 3,3 %, tandis que l’Association Bingo estimait ce taux à seulement 1,0 %.

Les chercheurs ont conclu que ces différences étaient « largement dues à des divergences méthodologiques ». Les données de l’Association Bingo proviennent de 86 % des grands opérateurs terrestres et se concentrent uniquement sur les clubs traditionnels. À l’inverse, le GSGB repose sur une enquête auto-administrée, où les réponses reflètent la perception des participants quant à ce qui constitue un lieu de bingo. Cela permet au GSGB de couvrir un éventail plus large d’activités, y compris les clubs sociaux et les événements caritatifs, non pris en compte par l’Association Bingo.

Un engagement en faveur de l’amélioration continue des données

L’autorité indique que cet exercice a permis de « valider les estimations du GSGB par rapport aux données du secteur » et d’améliorer la compréhension commune du marché du bingo.

La Commission s’est engagée à continuer de suivre ces tendances à travers de nouvelles vagues de collecte de données. « À la suite de discussions collaboratives avec l’Association Bingo, la Commission continuera de surveiller les tendances liées au bingo en présentiel », a-t-elle déclaré. La Commission a également invité les autres acteurs du secteur à participer afin de garantir l’exactitude des statistiques britanniques sur les jeux de hasard.

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