Skip to content

La Coupe du monde 2026 devrait générer plus de 50 milliards de dollars américains de paris

Julia Moura
Rédigé par Julia Moura
Traduit par Tarik Taloufate

La Coupe du monde de la FIFA 2026 a tous les atouts pour devenir le plus grand événement de paris sportifs de l’histoire. Avec 48 équipes nationales, 104 matchs et une durée plus longue que les éditions précédentes, le tournoi organisé par les États-Unis, le Mexique et le Canada devrait générer plus de 50 milliards de dollars US (252,5 milliards de BRL) de mises dans le monde, selon les projections de la banque d’investissement Macquarie. Malgré le fait que le championnat se déroule en Amérique du Nord et que le marché réglementé américain ait connu une forte croissance ces dernières années, les analystes estiment que le pays ne représentera qu’une faible part du volume mondial des paris.

Cette estimation se distingue car elle remet en question une perception courante du marché. Depuis l’abrogation de la loi fédérale PASPA en 2018, des dizaines d’États américains ont autorisé les paris sportifs réglementés. La croissance s’est accélérée, portée par de grands opérateurs tels que FanDuel, DraftKings et BetMGM. Malgré cela, Macquarie prévoit que les États-Unis ne représenteront qu’environ 5 % du volume total mondial des paris liés à la Coupe du monde.

Selon Chad Beynon, analyste senior Gaming, Lodging & Theatres au sein de l’institution financière, même une croissance significative des paris sportifs aux États-Unis aurait un impact limité sur les projections globales du tournoi. Cela s’explique par le fait que la Coupe du monde est un événement véritablement international, avec une forte participation des marchés traditionnels en Europe, en Amérique latine, en Asie et en Afrique, où le football occupe une place bien plus importante qu’aux États-Unis.

Plus de matchs, plus de paris, mais pas forcément plus d’argent par match

L’une des conclusions les plus intéressantes de l’étude est que le volume moyen de paris par match devrait rester proche des niveaux observés lors de la Coupe du monde 2022 au Qatar. Macquarie estime environ 500 millions de dollars US (2,53 milliards de BRL) misés par match, un niveau similaire à celui de l’édition précédente.

À première vue, cela peut sembler contradictoire. Après tout, le tournoi 2026 comptera 40 matchs de plus que celui de 2022. De plus, le marché mondial des paris sportifs a fortement progressé au cours des quatre dernières années, porté par l’expansion réglementaire et la popularité croissante de produits comme les paris en direct, les paris sur les performances des joueurs et les paris combinés sur un même match.

L’explication réside dans l’élargissement du calendrier. Avec davantage de matchs répartis sur plusieurs semaines, le volume total de paris devrait augmenter, mais les mises seront plus réparties entre les rencontres. Autrement dit, les opportunités de pari seront plus nombreuses, sans que chaque match attire nécessairement beaucoup plus de mises qu’auparavant.

La véritable taille du marché mondial

Les projections de Macquarie illustrent également l’ampleur du secteur mondial des paris sportifs. Selon la méthodologie de la banque, les mises légales mondiales sur l’ensemble des sports se situaient entre 600 et 700 milliards de dollars US en 2022. Pendant la Coupe du monde, environ la moitié des paris mondiaux concerneraient les matchs du tournoi.

Un autre point important est que ces chiffres ne couvrent que les marchés réglementés et légaux. Ils n’incluent pas les paris réalisés via des opérateurs offshore ou des plateformes non autorisées, qui représentent encore une part importante dans de nombreux pays. Le montant total des mises pourrait donc être bien supérieur aux 50 milliards de dollars estimés.

L’industrie reconnaît elle-même la difficulté de mesurer précisément la taille du marché mondial. Dans de nombreuses régions, notamment là où les paris sportifs ne sont pas clairement réglementés, une grande partie de l’activité échappe aux circuits officiels.

Les marchés de prédiction restent une inconnue

L’analyse évoque également les marchés de prédiction, un segment en plein essor aux États-Unis via des plateformes comme Kalshi et Polymarket. Macquarie n’a pas inclus ces activités dans ses projections pour la Coupe du monde, faute d’estimations fiables sur les volumes potentiels.

Malgré cela, Beynon estime que ces marchés devraient se développer, notamment dans les États où les applications de paris sportifs ne sont pas encore disponibles. Les utilisateurs sans accès légal aux bookmakers pourraient s’y tourner comme alternative, tandis que les parieurs habitués continueront d’utiliser les plateformes traditionnelles.

Le Brésil devrait jouer un rôle clé

Bien que l’étude de Macquarie soit mondiale, la Coupe du monde 2026 représente une opportunité majeure pour des marchés émergents comme le Brésil. Le pays vivra sa première Coupe du monde avec un marché de paris sportifs réglementé, après l’entrée en vigueur du nouveau cadre de licences en 2025.

Le tournoi devrait servir de test grandeur nature pour les opérateurs, les régulateurs et les consommateurs. En plus de l’enthousiasme naturel des Brésiliens pour le football, le marché local bénéficie désormais d’entreprises licenciées, de règles publicitaires plus claires et de mécanismes de protection des joueurs.

Selon les observateurs, la combinaison de la réglementation, d’une confiance accrue des parieurs et d’une large couverture médiatique pourrait renforcer la crédibilité et l’importance du marché brésilien.

Impact financier

Macquarie estime que l’événement pourrait entraîner une hausse de 2 % à 5 % de l’EBITDA de certains grands opérateurs mondiaux en 2027, grâce aux retombées commerciales du tournoi. Parmi les entreprises les mieux positionnées figurent Flutter Entertainment, Super Group et Rush Street Interactive.

Avec plus de 100 matchs sur six semaines, une audience mondiale de plusieurs milliards de personnes et un marché réglementé en pleine expansion, la Coupe du monde 2026 réunit tous les éléments pour battre des records de paris. Malgré le rôle d’hôte des États-Unis, c’est bien l’attrait mondial du football qui restera le principal moteur des paris, faisant de ce tournoi le plus grand événement de paris sportifs jamais enregistré.

Cet article a été publié pour la première fois sur la page SiGMA News en portugais le 16 juin 2026.

À Mexico, du 1 au 3 septembre 2026, l’Amérique du Nord rencontre l’Amérique latine. SiGMA North America accueille 4 000 participants pour trois jours consacrés aux affaires, aux perspectives et à l’inspiration pour les start-ups. Des perspectives concrètes. Des affaires concrètes. Réservez votre place.

This site is registered on wpml.org as a development site. Switch to a production site key to remove this banner.